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Samedi 10 mars 2012 6 10 /03 /Mars /2012 20:51

     fillon.jpg  La semaine a été l'occasion pour les Français de découvrir l'échelle de distribution de la viande HALAL dans les boucheries conventionnelles. Les responsables politiques et les fonctionnaires concernés par ces affaires ont largement caché aux Français que 51 % de la viande commercialée provient de l'abattage rituel, c'est-à-dire qu'un animal s'est fait trancher la gorge en pleine conscience. Les autorités des cultes et les autorités juives, puisque cela les concernent également, avec la Shehita, ont résisté de tout leur poids à l'abolition voire aux réformes de leurs pratiques d'abattage ancestrales, pour reprendre le bon mot du Premier ministre François Fillon qui déclara sur Europe 1 qu'il s'agissait de pratiques «d'un autre temps.» Aussitôt dit, le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) saute sur l'occasion et dans un réflexe de paranoïa classique, qu'on leur connaît bien, accuse le ministre de déclarations «stupéfiantes.» Imprescriptibles! Vocifèrent-ils, pratiques intouchables! Remettre en cause nos rites, c'est une atteinte à nos libertés religieuses. Nos consciences souffrent, pleurent-ils... Et si, comme moi, vous insistez sur la question et demandez au moins l'étiquetage de l'origine des viandes, ce qui serait la moindre des choses pour conserver un peu de transparence dans nos achats, et bien savez vous ce que nous disent-ils ces grands saints? Vous êtes stigmatisants, disent-ils. C'est le mot à la mode pour mettre fin à vos protestations, à votre sentiment. En gros, on essaie de vous faire passer pour un antisémite, voilà toute leur stratégie elle n'est pas plus subtile que cela. Vous n'aimez pas les rites d'abattage juif ou musulman, que vous trouvez anachroniques, cruels, et de plus souvent bâclés dans des abattoirs industriels aux cadences de fonctionnement inhumain, nous sommes au 21ième siècle, et vous le faîtes savoir, et bien vous êtes un antisémite ou un raciste et cela sans vous ne le saviez même pas!

Le fond de l'affaire, c'est 1) les cruautés envers les animaux de boucherie qui se généralisent pour des raisons économiques et parce que des talmudistes freinent toute réforme en la matière. Le culte musulman en France lui semble plus mesuré et disposé à recourir au moins à l'étiquetage et font preuve de meilleure foi, sans mauvais jeu de mot. Et 2) on a caché aux Français, alors que les ministères savaient, l'ampleur du problème. Il faut savoir, par exemple que 100 % de la viande abattue en Ile-de-France l'est selon les traditions musulmane et juive. Hallucinant, n'est-ce pas pour un laïc comme moi, qui veut défendre des valeurs simples comme la laïcité, mais aussi le bien-être animal? Pour couper les coûts, les abattoirs se sont donc tournés vers des pratiques rituelles d'abattage puisqu'une dérogation dans la loi leur permet et ils peuvent écouler le reste de la viande dans les circuits de distribution traditionnelle. Selon  l'Oeuvre d'Assistance aux Bêtes d'Abattoirs (OABA) et le président du Syndicat des Vétérinaires de la Région Paris Ile-de-France «Les images de ces pauvres bêtes étouffant et souffrant pour rien ne peuvent que révolter un homme en général et un vétérinaire en particulier, habitué qu'il est à diminuer la douleur de ses patients grâce aux anesthésiques et antalgiques.»  À savoir que des écoles ne servent plus que du Halal, comme près de chez moi, dans une section de Montréal-Nord et les parents n'en savaient rien évidemment.

J'ai eu un accrochage avec un journaliste de L'EXPRESS.FR. Vous savez à quel point je respecte les vrais journalistes et bien mon commentaire faisait suite à un article dans leur site, Abattoirs, corrida, chasse à courre: Halal, olé, hallali... ho la la! un terrible article traitant avec dérision les causes défendues par les associations de protections animales. Je cite dans ce texte: «Comment peut-on, de bonne foi (sans jeu de mot!) s'égosiller sur l'abattage ritualisé selon des préceptes religieux, l'Islam forcément, le faire au nom de l'abolition de la barbarie imposée au règne animal, le faire surtout au nom de la laïcité et passer sous silence d'autres façons bien plus cruelles encore de faire passer ad patres le bovin, le caprin et alii (avec deux "i".) selon nos rituels bien de chez nous - et pas si laïques que cela d'ailleurs? » Comme s'il n'y avait pas d'associations de défense des animaux qui œuvrent, depuis longtemps, contre la corrida, et la chasse à courre dans notre beau pays. Il faudrait leur dire une fois pour toute à ces journalistes parisiens. Un article de très mauvaise foi pour noyer le poisson comme on dit vulgairement, pour renvoyer à d'autres groupes et individus tous aussi peu charmants, et sans compassion autant les uns que les autres. Donc mon commentaire, le voici ci-dessous et je ne mâche pas mes mots contre les cultes et l'industrie, au risque de « stigmatiser ». Il faut le rappeler pour les consciences fragiles qui seraient heurtées par mes propos, mais que le râle de mort d'une vache dont on vient d'arracher la trachée, qui s’étouffe dans son sang, et qui va mourir en quelques minutes parfois, après l'avoir guillotiné, laisse complètement indifférents.  À ce prix là, payé par les bêtes, je peux prendre quelques insultes des groupes religieux.

Ma réponse : « Une pratique tel un rite d’abattage ne constitue pas un droit; si la commission européenne s'est mise à genoux devant les autorités juives et musulmanes, pour protéger les rites d’abattage, des pays ont décidé selon leur propre législation, d'abolir l'abattage rituel sans étourdissement préalable, tels la Suisse, l’Islande, la Norvège et la Suède ; je trouve que cela est très bien. Il s'agit d'une question majeure que les religieux veulent balayer sous le tapis et faire oublier, on comprend pourquoi. Ne pas être associés à la cruauté animale; ne pas se voir juger de rétrogrades, d’archaïques, de dogmatiques, fermées au progrès. Comment peut-on supporter de se voir imposer leurs traditions (on parle bien des abattages rituels) sans réagir, et se voir traiter de racistes pour avoir exercer seulement ses droits et sa liberté d’expression de simple Français non-croyant qui veut vivre à l’abri de la bêtise et du fanatisme des religieux. Les religions sont le choix de chacun, mais ne pas vouloir et exercer des pression pour ne pas étiqueter l’origine des viandes afin de ne pas « blesser » les juifs et les musulmans, victimes bien entendu de racisme, c’est une horreur absolue car nous vivons dans un pays qui se veut laïc, qui se doit de respecter les normes européennes sur le bien-être animal et qui malheureusement se met à genoux ainsi devant les autorités religieuses, et j’ai honte. Pauvre France prise en otage par les égorgeurs ! Non ce débat n’est pas clos, les Français ne sont pas des moutons. C’est très bien de parler du Halal surtout quand une étude révèle que 51 % de la viande serait Halal et qu’on cache les faits? Les éditorialistes et les politiques comme Hollande, Juppé, et la liste est longue, ne veulent pas parler du sujet ; le tabou de la souffrance animale les met mal à l’aise. 

La liberté d'exercice des cultes ne doit pas justifier la cruauté envers les animaux. La question reviendra sur le tapis avec les associations de défense des animaux. On parle beaucoup de stigmatisation et de troubles de la conscience pour les pratiquants des cultes, a-t-on parlé une seconde du droit des consommateurs, des non-pratiquants; ceux-là ne comptent pas car ils ne s'organisent pas en lobbies puissants qui contrôlent les décisions politiques au sommet de l’État. Donc, cela prouve bien l'irrespect total envers les citoyens de seconde catégorie que nous sommes si nous ne sommes pas issus d’organisations juives ou musulmanes et militantes pour des privilèges religieux et communautaristes, ou si nous n'appartenons pas à la filière viande car la question «pose des enjeux économiques » et présente des « risques de stigmatisation » comme le dit Bruno Le Maire qui se voit forcé d'agir à cause de la dite polémique; ce n'est pas une polémique pourtant, c'est un sujet grave concernant nos valeurs républicaines. Cette minimisation de la souffrance animale dans les débats, prouve la puissance des minorités religieuses et de l’influence industrielle pour imposer à la majorité silencieuse des Français des rites d’abattages ancestraux, rétrogrades, archaïques et simplement cruels. »

Fin de mon commentaire. C’est tout et ce petit mouvement d’humeur qui reprend des faits précis et justes, documentés depuis des années par les associations de défense des animaux, et qui pointe du doigt les responsables de cette situation, se voit taxer d’insulte aux valeurs, de tolérance, de respect de l'autre, de curiosité de l’Express.fr ou du moins de son rédacteur, Eric Mettout qui me reproche, je cite, mes amalgames, mes approximations et mes sous-entendus...

Au final, je lui réponds: «Vous croyez que les associations ne condamnent pas le gavage, les conditions d'élevage des porcs, et les poulets de batterie et la corrida ne font pas polémique en France? Votre sermon sur la tolérance, le respect de l'autre, de curiosité, c'est de la foutaise. Il vous faudrait passer le premier test qui consiste à avoir un peu de compassion et condamner des traitements inexcusables envers des animaux avant de vous parer des meilleures vertus. Au lieu de cela, vous nous parler de corrida, de poulets et de porcs pour excuser, relativiser des rites religieux cruels sans fondement scientifique. Votre argumentation est pitoyable, ce n'est pas digne d'un grand journaliste. On ne peut pas contribuer à empirer les conditions de vie des animaux par ses actions et ses paroles et en plus, jouer les humanistes. Un peu de cohérence.»  Qu'aurait-il pu dire Eric Mettout pour conclure? Que je suis stigmatisant... Notre misère commune, pour beaucoup d'entres-nous, est de vivre des temps lamentables, d'avoir trop de politiciens pleutres et impuissants trop de journalistes vendus à des communautés revendicatrices et agressives, qui tous mettent en péril la justice, le droit, la laïcité, la démocratie, la liberté et le bonheur de vivre et de voir vivre. On l’a vu plus haut, cette classe de journalistes, de faux-penseurs, n’hésitant pas à protéger des pratiques et des institutions, des particularismes, qui heurtent les sensibilités d’un grand nombre de Français et de Françaises, qui, piégés par des élites qui ne les représentent plus, ne reconnaissent plus la France.  

 

A lire: 

http://www.notre-planete.info/actualites/actu_2508_abattage_Halal_Casher_souffrance_animale.php#bouton

 

http://www.lexpress.fr/actualite/politique/abattoirs-corrida-chasse-a-courre-halal-ole-hallali-ho-la-la_1091094.html

 

http://www.20minutes.fr/presidentielle/891763-halal-casher-fillon-critique-traditions-ancestrales-rituels-abattage

Par David Ruffieux - Publié dans : Société - Communauté : Défense Des Animaux
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Le respect de l'homme par l'homme ne peut pas trouver son fondement dans certaines dignités particulières que l'humanité s'attribuerait en propre, car, alors, une fraction de l'humanité pourra toujours décider qu'elle incarne ces dignités de manière plus éminente que d'autres. Il faudrait plutôt poser au départ une sorte d'humilité principielle : l'homme, commençant par respecter toutes les formes de vie en dehors de la sienne, se mettrait à l'abri du risque de ne pas respecter toutes les formes de vie au sein de l'humanité même.

Claude Lévi-Strauss, Entretien avec Jean-Marie Benoist, « L'idéologie marxiste, communiste et totalitaire n'est qu'une ruse de l'histoire », Le Monde, 21-22 janvier 1979, p. 14.

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