Lundi 30 mars 2009 1 30 /03 /Mars /2009 05:03


Les médias au Canada ont peu de sympathie pour les défenseurs des animaux, qu’ils appellent les animalistes. On les accuse d’anthropomorphisme, de sensiblerie et d’utiliser les images pour persuader l’opinion. Quel outrage comparé à l’exploitation des phoques que beaucoup trouvent cruelle et barbare ! Heureusement, beaucoup savent que les émotions et la sensibilité sont le propre et le meilleur de l’homme. De plus, sur la question de la sensibilité, je ne doute pas que certains animaux soient capables de sentiments. Pourquoi vouloir le nier ? C’est simple : parce que cela facilite l’exploitation des animaux et nous excuse d’agir avec cruauté.

 

Les Européens se consternent de ce vaste massacre de mammifères marins. Ils devraient s’occuper de choses plus sérieuses, sans doute, comme le suggèrent certains politiques au Canada, comme la misère humaine, la seule misère qui compte. Vraiment ? Les Européen(ne)s, qui sont en passe de bannir l’importation des dérivés du phoque, voient la cruauté quand elle se présente à eux, mais pas les journalistes ni les politiques au Canada, à quelques exceptions près. De plus, certains commentaires pro-chasse sur les blogs ou dans la presse, font peine à lire et traduisent toute la bêtise et la mauvaise foi à l’état pur, ou simplement le lavage de cerveau. En effet, c’est faire insulte à l’intelligence des Européens que de les faire paraître comme manipulés par « les puissants groupes de défense des animaux. » C’est vrai, je ne crois pas être dupe, PETA et la Société humaine des Etats-Unis ont leurs torts d’amasser des millions et de faire trop de compromis avec les chasseurs et les exploiteurs. Ils devraient être plus radicaux qu’ils ne le sont, étant donné l’échelle du massacre.
 

La vérité, c’est qu’on veut créer une nouvelle économie globale, basée sur l’exploitation des phoques, ce qui permettra de faire vivre quelques populations de l’Atlantique. N’y-a-t'il pas d’autres activités plus lucratives, moins violentes à développer ? L’écotourisme ? Est-ce que les autochtones, si sollicités par le gouvernement pour aller soutenir la chasse en Europe, ne peuvent donc pas évoluer, eux aussi, vers des pratiques moins brutales. Après tout, ils ne vivent pas dans les musées, beaucoup ne dépendent plus de la chasse pour leur survie. Les maisons ont remplacé les igloos et les motoneiges vont plus vite que les chiens de traîneaux, de plus, les avions et les bateaux permettent d’apporter les produits de base. Cette chasse au phoque (de subsistance ??), qu’on nous présente comme une tradition locale, un patrimoine, si elle existe bien, ne ressemble pas à la chasse commerciale. Encore, les écologistes à temps partiel, les environnementalistes anthropocentriques, utilisent la cause autochtone comme stratégie pour défendre la chasse commerciale et c’est indigne.

 

Personnellement, je pense que si une interdiction vient à toucher la chasse commerciale sur des critères éthiques, je vois mal comment la chasse traditionnelle des Inuits, tout aussi violente et sanglante, fait l’objet d’une exception devant l’Europe. Si l’on interdit les produits dérivés du phoque parce que la chasse est considérée cruelle et inhumaine, qu’elle soit pratiquée par des Blancs ou des Inuits, cette interdiction devrait être généralisée et non pas partielle. 
Qu’on me prouve que la chasse traditionnelle pratiquée par les Inuits n’est pas cruelle, si on se base sur des critères purement éthiques. Je trouve qu’on idéalise trop souvent les peuples autochtones et qu’ils jouissent de privilèges de chasse et de pêche que d’autres peuples n’ont pas. Comme d’autres, je ne vois aucune logique à donner un droit de chasse aux uns qu’on refuserait aux autres. 
Les Inuits peuvent invoquer leurs traditions, mais les traditions ne peuvent justifier des actes violents ou cruels. Ce qui est la culture millénaire d’un peuple ne peut déterminer ce que sera son futur. Tout progrès serait impossible avec le seul attachement émotif et ethnocentrique au passé et à la tradition. Il est des traditions comme l’excision, l’esclavage, et la torture, qui sont des institutions millénaires. Que tous les peuples, qui ne vivent pas dans des musées, s’adaptent donc à l’ordre du jour qui demande qu’on ne traite pas les animaux de manière cruelle et comme de vulgaires marchandises.
 

Voyons un argument qui revient souvent dans les médias:  « Les phoques ne sont pas tués plus cruellement que les animaux qui vont à l’abattoir. » Avons-nous visité des abattoirs, au Canada ou ailleurs? Les animaux dans les abattoirs ne sont pas traités avec plus d’humanité. Si les abattoirs avaient des vitres transparentes, nous changerions de ton. Régulièrement des enquêtes montrent des animaux torturés et découpés vivants dans les chaînes d’abattage, manipulés avec beaucoup de violence, roués de coups et électrocutés pour les faire avancer vers leur funeste destin, certains sont brûlés vifs.
 

Et puis n’oublions pas cet autre argument que j’aime particulièrement « Les phoques sont en surnombre depuis fort longtemps dans l’estuaire du Saint-Laurent. » Encore ce sempiternel argument fallacieux du grand nombre. Qui détermine au juste le nombre au-dessus duquel il faut sortir les fusils? Les scientifiques ou plutôt leurs patrons dans les ministères? Les phoques sont accusés de mettre en péril les ressources de poissons. Aucune preuve formelle de cela dans les données scientifiques, et de plus, serait-ce une raison de chasser ? Contrairement à nous, les phoques ont un besoin vital de poissons, ils ne savent pas faire autrement. Dans tous les océans et toutes les mers du monde, les ressources disparaissent, il s’agit d’un véritable carnage et d'un pillage odieux, bien documenté, et je ne connais qu’un seul coupable: l’homme. Qu’on se préoccupe d’abord de la surpopulation humaine, car la rapacité et l'aveuglement des hommes sont les sources des crises écologiques, sociales et économiques actuelles. Peut-être que l’argumentation des pro-chasse repose sur ceci « Les peaux de phoques sont une ressource renouvelable et écologique. Comment  peut-on ignorer que les animaux ne sont pas une ressource, puisque les animaux sont avant tout  des êtres sensibles, ayant une vie qui leur est propre ; ils jouissent d’un droit naturel de vivre, selon leurs besoins et leur condition. Nous faisons des animaux des « ressources », et en conséquence, nous en faisons nos esclaves sur lesquels nous affligeons les pires abominations.
 

Cette maladie mentale qui consiste à considérer les animaux comme des ressources (de la viande, de la fourrure, des valves cardiaques, des aphrodisiaques, DE L'OMEGA 3,...) est la même pathologie qui conduit des humains à considérer d’autres humains comme inférieurs, et à justifier leur exploitation la plus implacable et la plus cruelle. Quant à l’aspect écologique des peaux de phoques, je ne peux souscrire à une écologie qui glorifie le meurtre d’animaux au nom d’une quelconque économie durable et renouvelable. Cette écologie sanguinaire, il faut la détruire et le plus tôt sera le mieux car le temps presse. Et puis présence ou non d’Oméga 3, on en trouve d’ailleurs chez les plantes et il n’est pas certain que ce soit si bon pour la santé.

 

La presse canadienne est sans pitié pour les amis de bêtes, terroristes, impatients, anti-humains, végétariens enragés, fascistes animalistes. Merci, merci, merci d'autant de grâces. Notons ici que le terme « animaliste » se veut péjoratif, à l'inverse du mot humaniste qui résonne bien et dont ces gens, qui nous conspuent, se gargarisent jusqu'à l'étouffement. Ah non, l'on ne tarit pas d'éloges à l'égard de Paul Watson et des plus radicaux du mouvement de libération des animaux. Libération des animaux, je répète l'expression car il semble que les journalistes de la pensée dominante se trouvent dans l'impossibilité de rappeler les motifs pour lesquels des individus deviennent des militants au nom des animaux. Impossible pour eux, en effet, d’exposer à la vraie critique les arguments des anti-chasse, sous peine d’aller finir leur carrière journalistique comme préposé à la photocopieuse… 

 

Certains de nous écrivent à nos vains politiciens qui viennent de réaffirmer leur nullité en votant la loi S-203, offrant ainsi aucune autre protection aux animaux de ce beau pays. À noter que le NDP (Nouveau Parti Démocratique) et quelques Libéraux auront voté contre, mais passons. D'autres, osant braver l’imbécile cruauté de l'être humain, envoient leurs lettres et leurs opinions judicieusement filtrées par nos médias. Les esprits étroits voudraient le changement, mais pas l'agitation qui va avec. Du bruit des manifestations, des paroles fortes, de la rébellion et de la résistance, ils n'en veulent point. Préfèrent-ils la détresse assourdissante de ces chats et de ces chiens torturés en Asie pour de la soupe et de la fourrure, ou le gémissement d'agonie des truies et des verrats découpés et brûlés vifs dans nos abattoirs. Préfèrent-ils le son strident des baleines et des phoques qu'on harponne et qu'on matraque inlassablement. C'est toute la Nature qui crie contre l'homme, disait Jules Michelet. De ces bruits-là, surtout, ils n'en veulent rien entendre. Ils n'en veulent rien parler, encore moins écrire.

 

De ces analystes qui s'attardent sur les mots pour mieux nier les tragédies de ces milliards de créatures sensibles, il n'y en a que trop. S'il est difficile de vaincre la cruauté envers les animaux, c'est précisément parce qu'il n'y a pas assez de gens comme Paul Watson, militant écologiste radical, qui depuis 30 ans assiste, impuissant, à tous les massacres possibles contre le genre animal. Impatients, vous dites ! Cette humanité malsaine qui justifie les pires abominations serait bien implorante, si on lui faisait subir ces traitements. Je les ai entendus parler, ces tueurs de phoques, l'autre jour à la télévision, ils émettaient des sons qui rappelaient le langage humain. Comme ils le disent avec si peu de mots, ces chasseurs aiment tuer les phoques, c'est un style de vie qui fait leur identité. 

 

Comment puis-je vous faire évoluer vous et vos progénitures carnivores ? Je me le demande tous les jours, en étant gentil ? Qu'un mouvement de libération animale, soit marginal, ce n'est pas un argument pour démontrer son inutilité. Tous les mouvements de l'Histoire, pour la justice et pour le progrès social sont marginaux. Comment pourrait-il en être autrement ? En fait, beaucoup aspirent à ne faire partie ni du club de Steven Guilbeault, de Greenpeace, sans doute très agréable autour d'une tasse de thé, ni de celui de Louis Gilles Francoeur, chasseur au journal Le Devoir, dont le métier est de caricaturer le mouvement de libération des animaux et d'ignorer ses bases morales profondes et cohérentes.

 

Aucun défenseur des animaux ne prônerait la violence envers les humains et le vandalisme ne semble pas une solution pour arriver à attirer la sympathie du public. Que reste-t-il donc face à la vraie terreur ? Je parle de celle des gouvernements et des industries qui stigmatisent les activistes et intimident tous ceux et toutes celles qui sont une menace à leurs manipulations et à leur sauvagerie contre l'homme, l'environnement et les autres créatures de cette planète. Demandons à Gabriel Villeneuve, ce jeune homme anarchiste en proie à une répression judicaire pour avoir organisé des manifestations contre des partenaires de Huntington Life Sciences (HLS), un laboratoire qui fait des tests sur les animaux. Demandons aux activistes de Stop Huntington Animal Cruelty (SHAC) qui purgent de lourdes peines de prison aux Etats-Unis pour avoir créer…Un site Internet contre HLS ! Il est urgent que les différents mouvements pour la justice et tous les groupes pour le progrès social s'unissent et comprennent qu'ils ont des intérêts communs à défendre.

 

Il faut argumenter sans cesse contre la croyance selon laquelle la chasse aux phoques est réglementée. Qu'on aime croire à l’application des règlements et de l'ordre !  Qu'on aime se persuader que de bons fonctionnaires des Pêches et Océans remplissent leur mission de garantir une chasse « humaine », sans souffrances. Le pourraient-ils avec si peu de bateaux de surveillance et une si grande étendue de banquise à surveiller ? Impossible, et chaque année les images le prouvent. Mais cela nous rassure et rend notre conscience moins lourde à porter que d'imaginer une telle chose. Pourtant, il est impossible de tuer de manière humaine. Réfléchissons! Tuer de manière humaine, n'est-ce pas là une contradiction ? Il n'y a rien d'humain dans le fait de tuer pour le profit, pour satisfaire son goût pour la chair animale, et pour son seul plaisir aveugle et égoïste.

  

J’insiste, ces journalistes qui écrivent en faveur de la chasse aux phoques font peine à lire par leur ignorance et leur manque de jugement. Sont-ils manipulé(e)s pour s'aligner ainsi sur une seule ligne éditoriale et continuer d'écrire des sottises ? Que des sots écrivent que la chasse n'est plus décriée par les écologistes de 'Greenpeace' ou de 'Nature Québec' et donc qu’elle est légitimée, ne signifie pas qu'elle est acceptable. Évidemment, on ne tue pas les blanchons avant 12 jours, mais on les tue à 13 quand ils perdent leur pelage blanc! Ils ne savent pas encore nager et fuir. Mais c'est une différence notable pour les amis des chasseurs. L'être humain est un tueur, c’est ainsi nous disent certains, qui ne peuvent pas croire en l'élévation de l'âme humaine vers un monde moins violent et plus pacifique. Peut-être ont-ils raison, nous sommes incapables de traiter les animaux dignement, comme nous sommes incapables de traiter nos semblables dignement. Telle est notre malédiction.  


Que d’encre pour étayer l'idée selon laquelle les phoques étant nombreux, il faut en éliminer un certain nombre, assez substantiel d'ailleurs ce nombre, puisque le quota est de 325,000 phoques, pour cette année 2009. Il s'agit du plus grand massacre de mammifères marins, tout le monde pourra en convenir. C'est un fait que les phoques mangent du poisson, n'ayant pas le choix de leur nourriture et certains humains, trouvant cela inquiétant, sont prêts à accuser les phoques de rompre les équilibres écologiques. Poussé par le désir instinctif de vivre, le phoque doit se nourrir d'une certaine quantité de poisson pour faire survivre sa progéniture. C'est son droit naturel le plus absolu que de se nourrir pour exister. Étonnement, la surpêche, ou plutôt, l'extermination des stocks de poissons par l'homme, et de la vie marine en générale, est rarement perçue comme la source des déséquilibres présents et à venir. C'est une idée simple et vérifiable qui semble échapper aux génies médiatiques de ce pays. Certains éléments très endoctrinés, ou mal-comprenants, croient qu'un animal ne pense pas, n'éprouve ni peine ni plaisir, vit dans l'instant présent, n'a ni passé ni avenir, et que sa condition ne se borne qu'à servir et à rendre heureuse l'espèce humaine.

 

J'aimerais que les abattoirs disparaissent, qu'ils soient ceux qui sont cachés au fond de nos campagnes, loin des yeux, ou ceux de la banquise ensanglantée offerte aux caméras du monde, et que ces milliards de milliards de vies destinées à mourir soient sauvées de leur triste sort. Alors point d'hypocrisie, cette guerre contre le spécisme n’est pas un concours de popularité ! Phoques tabassés, cochons martyrisés, poules de batteries déplumées, chiens à la chaîne, éléphants mitraillés et vers de terre piétinés, veuillez croire que des fous se battront pour vous offrir une existence meilleure.

 

Je pense que certains Canadien(ne)s se trouvent victimes d’un complexe d’infériorité quand on les compare au reste du monde ou pire quand on les critique, preuve d’une certaine immaturité intellectuelle ou d’un orgueil hésitant. La réaction est souvent la même, défensive; on montre de l’indignation, on sert ses petits poings et on râle contre ses maudits Européens qui portent atteinte à la chasse. Le gouvernement fédéral semble haïr les phoques et encore plus ceux qui les défendent à l’instar de Paul McCartney et de son ex-femme qui sont venus voir les blanchons sur la banquise immaculée. L’ex-Beatles est un végétarien, avocat de la paix dans le monde, qui prend part à de nombreux combats pour la liberté et la justice et en particulier la défense des droits des animaux, un concept largement inconnu dans ce pays. Preuve en est que la loi fédérale sur la protection animale n’avait pas changé depuis plus de cent ans, car les moindres réformes se voient rejetées constamment par les lobbies des chasseurs, des éleveurs et des scientifiques, tous unis pour l’exploitation durable des animaux. 

 

Alors la sénatrice Hervieux-Payette (Libérale) exige que l’on parle des vraies affaires, de l’Iraq, de la misère humaine et de la politique étrangère des Etats-Unis, tant il est évident pour cette dame de fer que la souffrance des animaux est secondaire voire non problématique. Il est certain que les Etats-Unis peuvent être blâmés pour bien des crimes de guerre, le racisme, l’obésité, comme le pays où l’on tue le plus d’animaux de ferme au monde. Cela dit, les Américain(ne)s ont quelques fois un sursaut de bon sens— puisqu’ils ont élu Barack Obama— et cette fois ce bon sens s’exprimait au sujet de la chasse au phoque du Canada qu’ils réprouvent.      

 

En fait, de quel village ou communauté arriérée, faut-il naître, pour être incapable de compassion envers les autres formes de vie qui peuplent la planète, impuissant à ressentir de la pitié envers les plus faibles qui souffrent, et pour dire triomphalement : « Regardez, voyez combien je suis au sommet de la chaîne alimentaire. » Je n’espère pas des hommes de penser comme Mahatma Gandhi qui professait que la vie d’un agneau n’était pas inférieure à celle d’un être humain, mais j’attendais d’eux un peu plus de tendresse et d’amour.  

 

C’est vrai que dans un pays qui se targue d’une longue tradition de 400 ans de chasse et de pêche, les amateurs de Tofu, comme Sir Paul, ne doivent pas s’attendre à voir les Canadiens sangloter sur le sort des 325,000 phoques que des barbus en salopettes fluorescentes tuent, tant bien que mal, (ça glisse) à coups de manche de pioche, ou au fusil. Ces bébés phoques que de bons pères de famille écorchent vif ensuite ou qu’on laisse se noyer dans leur propre sang et leur vomi. Je peux paraître radical, j’en conviens, mais j’ai beaucoup de mal à comprendre cet attachement imbécile pour la tradition surtout quand elle est barbare et qu’elle coûte aux contribuables 60 millions de dollars. Personnellement, je pense que l’argent et le maintien d’emplois ne devraient pas justifier ce massacre.

 
Si les peuples avaient obéi à la tradition, et bien l’esclavagisme, la soumission des femmes aux hommes et l’exploitation des noirs par les blancs seraient encore de rigueur; au nom de la tradition l’on commet  les pires abominations. De même, ce patriotisme sauvage qui exhorterait les Canadiens et les Canadiennes à soutenir nos communautés maritimes qui tirent 6 misérables millions de la chasse au phoque, est-ce donc là ce même patriotisme qui a poussé les Nazis à vouloir chasser les juifs d’Europe ou est-ce celui qui a conduit les Japonais à massacrer tant de femmes et d’enfants Chinois durant la Seconde Guerre mondiale. Il est vrai, au Canada, on exprime le patriotisme qu’on peut s’offrir, à travers le hockey, les médailles aux jeux olympiques, mais pitié, ne faisons pas briller le Canada à travers le massacre de phoques, par une régression sociale, car en continuant ainsi nous risquons, en tant que nation, que tous les gens intelligents nous détestent.

 

Que ce soit l’abattage des agneaux en Nouvelle-Zélande ou au Moyen-Orient, les animaux qu’on pousse vers l’abattoir par milliards, ou la chasse au phoque, tout cela n’est finalement que de la cruauté de masse, brutale et honteuse, car nous avons le choix de ne pas commettre toutes ces tueries. Il s’agit en fait d’une forme de racisme envers les animaux, bien enraciné dans notre société, que le philosophe Peter Singer appelle en anglais «speciesism », une forme de racisme qui justifie la totale exploitation des plus faibles. Si l’on traitait les chats ou les chiens comme l’on traite les phoques, je pense que quelques Canadien(ne)s ne trouveraient pas cela acceptable. Les humains comme les animaux souffrent, malgré cette évidence, de nombreux Chrétiens sont si peu charitables qu’ils utiliseront deux échelles pour mesurer la souffrance des uns et des autres.

 

Mais ces idées et ces attitudes spécistes, fruits de notre culture, sentent  la poussière et la moiteur des musées de campagne, le spécisme perd de sa vigueur à chaque jour qui passe et bientôt la chasse au phoque ne sera plus. Nul doute que les Canadien(ne)s passent pour de mauvais sauvages, en bonne lice avec les tortionnaires de chats et de chiens qu’on tue pour le commerce de la fourrure, en Chine. La tradition et le patriotisme écervelés ont la peau dure.     

 

En résumé, les phoques sont abondants et contribuent à la chute des réserves de morues dans les eaux canadiennes de l’Atlantique. De plus, les phoques représentent une source de revenus pour les populations locales, la chasse est traditionnelle, réglementée et se pratique sans cruauté. Voilà, dans l’ensemble, les arguments fallacieux qu’on aura entendu dans la presse, année après année. Et de conclure, pour beaucoup, que Brigitte Bardot devrait s’occuper d’autres choses plus graves. La capacité de non-raisonnement de mes compatriotes me laisse pantois. Beaucoup de lecteurs, de blogueurs répandent leur fiel, suivent l’opinion, et ne peuvent vivre avec le fait que des gens, venant d’ailleurs, leur montrent les pratiques barbares de chez nous. C’est, je crois, qu’ils voudraient qu’on parle d’autres choses et comme je les comprends.

 

On ne le cache plus, les hommes pillent les ressources naturelles et se gorgent de cadavres d’animaux pour les plaisirs de la bouche, ainsi je ne montrerais pas les phoques du doigt en les accusant de nous faire de la compétition déloyale. En fait aucune espèce animale, au cours de notre courte histoire, s’est montrée être une menace pour l’espèce humaine. Qui est à blâmer donc pour la disparition du poisson ? Est-ce le réchauffement climatique, les phoques ou Pêches et Océans Canada et leur gestion désastreuse des ressources?

 

Le gouvernement canadien radote que les populations de phoques doivent être contrôlées parce qu’ils sont abondants. D’abord, il me parait difficile sinon impossible de prouver qu’une espèce animale est abondante. Après tout, un ou deux peut être considéré comme beaucoup et la notion d’abondance est subjective. Alors pour ceux qui justifient le massacre des  phoques par leur perception qu’ils sont abondants, je leur demande d’apporter un argument plus solide. En fait, je propose que les hommes et les femmes de science du ministère des Pêches et Océans, plutôt que d’œuvrer pour la science, servent les intérêts politiques de leurs patrons. En me rappelant mes cours de biologie à l’université de Saskatchewan, je peux dire que la Nature à ses propres mécanismes pour gérer le nombre des espèces, sans l’aide des laquais d’un gouvernement.

 

D’un point de vue philosophique et éthique, qui sommes-nous pour juger qu’une espèce animale est en grand ou petit nombre et intervenir? Dieu ?  Brigitte Bardot qui est venue visiter la banquise aura irrité bien du petit monde. Elle a dit à la presse que la population humaine, approchant les 6 milliards d’individus, sera confrontée à des problèmes majeurs dans le futur. Selon elle, y-a-t’il quiconque pour suggérer le massacre de quelques humains, un petit génocide de l’envergure de la chasse aux phoques, pour alléger la souffrance des autres, pour éviter la famine, les maladies et la pauvreté ? Les humanistes ont bondi de leurs chaises. L’ex sex-symbole française, qui aura donné sa beauté aux hommes et sa sagesse au service des animaux, a offert au Canadien(ne)s quelques points de réflexion à considérer, subversifs certes, mais logiques. Et après tout quelle importance que les phoques aient deux semaines, qu’ils soient des blanchons ou des adultes, des mâles ou des femelles? 

 

La vérité, c’est que cette chasse au phoque n’est pas guidée par la science, mais plutôt celle-ci est la conséquence de l’ouverture de nouveaux marchés pour les peaux de phoque et les aphrodisiaques, en Chine et en Russie notamment. Ainsi le gouvernement n’a fait que profiter de la naissance de ce marché pour générer une nouvelle économie basée sur la collecte des phoques, et cela à une échelle industrielle qui n’a aucune ressemblance avec une chasse locale et traditionnelle.
 

Les communautés autochtones ont chassé le phoque depuis des centaines d’années pour nourrir leur famille, mais maintenant le gouvernement canadien a transformé une chasse de subsistance en un commerce international. Mise à part, la cruauté évidente de cette chasse, durant laquelle les chasseurs défoncent la boite crânienne des phoques à l’aide de longs gourdins (pour ne pas endommager les peaux), ce qui enrage les défenseurs des animaux c’est le fait que le gouvernement canadien veut tromper le monde entier en faisant croire que cette chasse reste traditionnelle, réglementée et se pratique sans cruauté. Selon l’activiste Rebecca Aldworth, qui est native de Terre-neuve et qui a passé de nombreuses années à observer la chasse au phoque, le gouvernement mystifie cette chasse.

 

Comme Jean Chrétien et Paul Martin des Libéraux avant lui, le Conservateur Stephen Harper n’a pas l’intention d’interdire la chasse au phoque. Il devient  certain que seule la pression internationale aura plus d’effets que des mots et des appels à la pitié. Il serait vraiment triste qu’un pays comme le Canada, dont on entend si peu parler dans le reste du monde, se démarque internationalement par sa cruauté. Cette chasse au phoque entache le caractère de tous. Alors attendons le mois d’avril de cette année et la promesse de l’Europe de bannir l’importation des produits dérivés du phoque. 

Par David Ruffieux - Publié dans : Société - Communauté : Défense Des Animaux
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Le respect de l'homme par l'homme ne peut pas trouver son fondement dans certaines dignités particulières que l'humanité s'attribuerait en propre, car, alors, une fraction de l'humanité pourra toujours décider qu'elle incarne ces dignités de manière plus éminente que d'autres. Il faudrait plutôt poser au départ une sorte d'humilité principielle : l'homme, commençant par respecter toutes les formes de vie en dehors de la sienne, se mettrait à l'abri du risque de ne pas respecter toutes les formes de vie au sein de l'humanité même.

Claude Lévi-Strauss, Entretien avec Jean-Marie Benoist, « L'idéologie marxiste, communiste et totalitaire n'est qu'une ruse de l'histoire », Le Monde, 21-22 janvier 1979, p. 14.

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