Mers et océans couvrent la plus grande surface de la Terre. Notre planète est avant tout une Terre d’eau. La réalisation de ce fait important dans
notre conscience collective est rendue difficile par la nature résolument terrestre des êtres humains. En effet, la grande partie de l’humanité occupe les continents jusqu’aux côtes maritimes, si
bien qu’au-delà de ces frontières naturelles, mers et océans restent des domaines inexplorés et mal connus. Si l’on voulait niveler le niveau moyen des terres avec celui des océans, nous aurions
plus que la tête dans l’eau…En fait, nous nous trouverions à presque 4 000 mètres au-dessous de la surface de l’eau, car près de la moitié des eaux océaniques dépasse 3 000 m de profondeur.
Autrement dit, la masse d’eau est considérable et en superficie, mers et des océans représentent déjà 70% de la surface de la Terre ; une Terre mais d’eau. La planète bleue, cette oasis que
décrivent si bien les premiers explorateurs de l’espace, s’est constituée au fil de milliards d’années de changements climatiques et géologiques tumultueux. La température de l’atmosphère
terrestre s’abaissant, il y a quelque 4 milliards d’années, l’eau de l’air se condense pour former pluies, rivières, fleuves et enfin mers et océans.
Jacques-Yves Cousteau, cinéaste et explorateur des mers au bonnet rouge, insistait pour dire que
« l’eau et l’air sont les deux fluides de la vie.» En effet, de ces étendues marines est sortie la vie. De ce bouillon primitif sont apparus les premiers organismes vivants, puis l’oxygène
nécessaire à la colonisation des terres par d’autres. Chacun connaît plus ou moins la suite : l’évolution des espèces jusqu'à la venue des premiers hominidés, il y a juste 3 millions
d’années, ceci d’après les observations des paléontologistes. Les mers et les océans foisonnent de vie animale et végétale. Ils représentent des écosystèmes presque innombrables qui non seulement
participent à la biodiversité de notre monde, mais servent aussi à la régulation du climat mondial, au même titre, sinon plus, que toutes les forêts primaires. Zones de grands courants marins qui
parcourent le monde comme le Gulf Stream, qui déplace l’eau chaude des zones subtropicales vers les pôles, animés par la rotation de la Terre et la circulation atmosphérique, les mers et les
océans décident en grande partie de la santé de notre planète. Aujourd’hui, notre planète est malade et les dérèglements climatiques qui en sont la cause font craindre des bouleversements
majeurs, encore difficiles à évaluer, qui pourraient mettre en péril l’existence même du genre humain.
Les mers et les océans sont aussi depuis la nuit des temps une source de nourriture, un habitat
pour de nombreuses espèces vivantes, on ne compte pas moins de 300 000 espèces reconnues, mais il existe, selon les experts, des millions d’autres. En 1991, une nouvelle espèce de baleine à bec
(Mesoplondon peruvianus) a été décrite au Pérou. Selon les estimations des
scientifiques, les écosystèmes marins abriteraient 90% de la biomasse et 80% de la biodiversité du monde, alors que seulement 5% sont connus à ce jour. De façon générale, les études des fonds
marins ont été très limitées et de nouveaux habitats restent à explorer pour y découvrir de nouvelles espèces. Quelle ironie du sort de savoir que l’homme aura mis tant d’énergie et de ressources
pour aller faire un saut de puce sur un caillou lunaire stérile ! Il s’agit d’une réalisation technologique remarquable en soi, mais si futile d’un point de vue pratique, surtout à la
lumière de notre ignorance des mers et des océans. En particulier, les zones maritimes côtières offrent aux communautés humaines une source de revenue et un moyen de subsistance pour 3,5
milliards d’habitants de ces régions. En effet, les deux tiers de l’humanité se trouvent sur la partie côtière des océans et des mers, là où se concentrent entre 80 et 90% des ressources marines.
C’est dire l’importance de ces zones pour de nombreuses familles dont le bien-être dépend principalement de la pêche et de la cueillette, de la vente et de la consommation des produits de la mer.
Il est difficile de comprendre comment un espace aussi vital a été l’objet de l’exploration commerciale la plus aveugle et la plus impitoyable au cours des quelques dernières décennies. On peut
parler d’un véritable pillage, d’un massacre et d’une pollution si largement répandus, que cette situation soulève l’indignation non seulement des écologistes les plus endurcis mais de tous ceux
et celles qui tirent leur maigre subsistance des mers et des océans. Nous entrons ici dans le cœur de notre sujet. L’état des mers et des océans est alarmant et c’est un véritable cri du cœur
qu’il me vient à formuler ici.
Otarie emmelée dans des filets de pêches
Mon amour de la mer et des océans me vient de l’enfance et des vacances au bord de mer, de ces
heures passées sur la plage, du passage des bateaux, de l’ambiance des ports de pêche, de ces odeurs marines de marées et de criées, ces moments d’aventure et de découverte qui eurent une
profonde influence sur l’adulte que je suis. Ma famille et moi partions chaque été, vers les sites balnéaires de la Bretagne, de la Vendée, de l’Aquitaine et du Midi. Est-il un coin du littoral
que nous n’avions visité ? L’excitation était à son comble au moment de voir les premiers scintillements de l’eau bleue au bout de cette longue route qui nous menait depuis l’Est de la
France. Avec mon père, à défaut de bateau, nous allions pêcher sur la côte, très tôt le matin jusqu’aux premières chaleurs du début d’après-midi, au moment où ma mère nous attendait avec le
casse-croûte sur la plage. Le soir nous avions droit au restaurant, où la fameuse soupe de poissons me remplissait d’une humeur jubilatoire. Je repense à cette période de mon enfance, qui m’a
sans doute amené naturellement à Brest, pour y faire un service militaire dans la Royale. Sur le pont d’une Jeanne d’Arc, ce porte-hélicoptères vieillissant et en panne, nous attendions sagement
les nouvelles turbines, tous immobilisés en rade de Brest. Mon ambition de tour de monde en bateau fut largement frustrée par cette interruption mécanique, et encore jusqu’à ce
jour.
-- Pollution par les plastiques --
Aujourd’hui, je prépare une circumnavigation sur un voilier de 35 pieds, qui nous fera découvrir,
ma famille et moi, les mers et les océans du monde ; départ de la Floride au printemps 2010. Le sentiment de partir au large et de parcourir le monde en bateau, n’est pas sans l’inquiétude
de constater les multiples impacts des activités humaines sur ce formidable milieu marin. Une sortie en plongée au large de l’île de Koe Chang en Thaïlande me remémore la fragilité des récifs
coralliens et leur disparition dans une grande partie de cette côte, au point qu’il faille se rendre dans des zones protégées à plusieurs miles au large, qui elles-mêmes connaissent l’affluence
des touristes venus plonger dans ces rares sanctuaires de vies marines. Peu enviables, ces milliers de matières plastique qui errent au gré des courants et des vents, sur un passage entre Dalian
et Wenhai au nord de la Chine, sur la mer Jaune et la scène de ces quelques Chinois jetant leurs bouteilles de coke à la mer, alors qu’à leur côté une poubelle gît sur le pont. Que s’est-il
passé pour que l’on traite ainsi la mer et les océans comme des poubelles? Les activités humaines ont très largement contribué aux perturbations des écosystèmes des mers et des océans :
stocks de poisson surexploités, récifs coralliens menacés, destructions des habitats par la pollution, le transport maritime, etc… La liste des déprédations est longue et les mesures à prendre
pour corriger cette situation désastreuse semblent bien dérisoires.
En seulement un siècle, le trafic maritime est passé de 550 millions de tonnes de marchandises transportées en 1950 à près de 6,8 milliards en 2004 ! De plus, 90% du trafic commercial
international passent par les mers et les océans. On se souvient des images de l’échouage de l’Exxon Valdez en Alaska, en 1989, un jour noir pour la nature et ces milliers d’oiseaux pris dans le
mazout, voués à une mort lente et désespérée. C’est 40 000 tonnes de pétrole brut et 7 000 km² de nappes qui polluèrent 800 km de côtes. L’industrie de la pêche dans cette
région fut ravagée et des normes plus strictes furent adoptées pour la construction et la navigation des pétroliers. D’aucuns diront qu’il s’agit là d’un malheureux accident, pourtant dans toutes
les mers et les océans du monde, les bateaux commerciaux dégazent leurs réservoirs de fuel. Une étude du World Wildlife Fund (WWF) en 2000, estime les rejets des bateaux à 1,5 millions de tonnes
de produits pétroliers par an, ce qui représente des douzaines d’Exxon Valdez ! On estime que 97% des rejets en hydrocarbures proviennent des dégazages intentionnels, faisant des côtes de
l’Afrique de l’Ouest et de l’Asie du Sud-Est, là où le trafic maritime est dense, les plus polluées au monde.
Dans le Pacifique, Charles Moore, un océanographe Américain a découvert une zone de débris
flottants, large comme deux fois les USA, également nommée « Vortex d’Ordures ». On estime la concentation de ces plastiques à 100 millions de tonnes, certains datant d’un demi-siècle.
A peu près un cinquième des débris tels les sacs en plastique et les bouteilles sont jetés par dessus bord des bateaux ou de plateformes pétrolières, tandis que le reste provient des terres. On
pense également que le plastique constitue 90% de tous les détritus qui flottent dans les océans. Le Programme Environnemental de l’ONU estime que chaque mile carré d’océan contient 46 000 pièces
de plastique flottantes. Bref, il s’agit d’une mer d’ordures, ce qui n’est pas sans poser des dangers pour les écosystèmes et la santé humaine. Selon l’ONU, les débris de plastique tuent plus
d’un million d’oiseaux marins et plus de 100 000 mammifères marins. On retrouve dans les estomacs des animaux, des seringues, des brosses à dent, des bouchons de plastiques, que la faune marine
confond avec de la nourriture. De plus, parmi ces rejets de plastique, on compte les matières premières de l’industrie du plastique qui accumulent les hydrocarbures et autres polluants, avant de
rentrer dans la chaîne alimentaire.
Les tortues marines confondent le plastique avec de la nourriture et en
meurent
-- Pollution des rejets terrestres --
Mais la plus grande part de la pollution des mers et des océans provient des terres. Les
scientifiques mettent en évidence que plus de 40 % des océans sont affectés d’une dégradation écologique grave et que seul un infime pourcentage reste préservé de toute influence humaine. Ben
Halpern, professeur à l’université de Californie à Santa Barbara, qui a dirigé une grande étude comprenant 16 centres de recherches s’explique: «Notre travail montre que, lorsqu’on
additionne celui-ci à d’autres paramètres plus locaux, le résultat est bien pire que ce que la plupart des gens s’imaginent...J’espère que cette étude aura pour effet de réveiller les consciences
pour mieux protéger nos océans et ne servira pas de prétexte aux défaitistes. » Il est grand temps d’agir pour sauver les mangroves, les récifs, les plaines sous-marines qui souffrent
particulièrement. Selon Greenpeace, les marées noires et les fuites accidentelles de mazout dans les environnements marins, restent minimes par rapport aux autres polluants comme les eaux usées
domestiques, les rejets industriels, agricoles et les déchets urbains. Les polluants retrouvés dans la mer se composent à hauteur de 44 % de polluants terrestres et de 33 % de rejets
atmosphériques, tandis que le transport maritime représente seulement 12 % de la pollution. Contre cette pollution terrestre qui concerne tous les pays du monde, il devient urgent de limiter les
rejets et d’appliquer de nouvelles politiques en ce sens, applicables au consommateur, à l’industrie en passant par l’agriculture.
Notamment, la pollution par les engrais provenant des eaux usées et
de l'agriculture entraîne l’accumulation d’algues qui deviennent dangereuses dans les eaux côtières. À mesure que ces algues meurent et pourrissent, elles consomment l'oxygène. Dernièrement, sur
la plage de saint-michel en Grèves, en France, un cheval a été victime au début juillet 2009 des émanations toxiques des algues vertes. « Le Premier ministre a annoncé un plan d’actions, mais n’a
surtout pas voulu remettre en cause le système productiviste agricole actuel qui est à l’origine de la pollution des eaux,» remarqua Denis Baulier, ancien président du réseau Cohérences.
D’autres substances comme les dioxines et les PBC (biphényles polychlorés) ainsi que divers pesticides comme le DDT et la dieldrine se retrouvent dans la chaîne alimentaire, sont difficilement
biodégradables et agissent sur les systèmes vivants à très faibles doses. Ces polluants organiques entraînent des dérèglements hormonaux qui peuvent, ensuite, provoquer des troubles de la
reproduction, causer le cancer et altérer le développement normal des enfants. Il est urgent d’éliminer les substances nocives et de les étudier pour en mieux connaître les effets sur
l’environnement et la santé.
Les prises de poissons de grande taille se font plus rares
-- Surpêche: arrêtons le massacre! --
Partout dans le monde, les ressources halieutiques sauvages diminuent. Toutes les grandes zones de
pêches de la planète sont en déclin et les prédictions des scientifiques sont inquiétantes, mais qui de nos politiciens du moment, les écoutent? Au canada, où je vis, les premiers explorateurs
pêchaient la morue qui étaient abondante, les stocks de morue sont présentement effondrés, ceci dès les années 1990. Le gouvernement fédéral a incité les pécheurs canadiens à investir dans des
équipements de pêche industrielle, à la pointe de la technologie; la pêche excessive a conduit en très peu de temps à un véritable désastre écologique, mais aussi économique. En effet, c’est 30
000 emplois qui disparurent. La très mauvaise gestion des pêches par les gouvernements du passé ont fait disparaître une industrie, un mode de vie, qui devait rester écologiquement sain.
Par exemple, de 1990 à 2002, les pêcheries du saumon de Colombie-Britannique ont baissé de 66% soit une baisse de revenue de 263,4 à 51,6 millions de dollars.
Les systèmes de détection sophistiqués du poisson ne laissent aucune chance à la faune marine. Les grands chaluts de fonds, les lignes dérivantes et autres engins de capture massive, ont ravagé
les stocks de thon rouge, d’églefin, tué des espèces non-cibles, des mammifères marins et des oiseaux de mer. Il est nécessaire d’interdire le chalut par le fond qui détruit les écosystèmes, de
protéger des espaces marins et y interdire la pêche commerciale, veiller à la restauration des stocks de poisson par une meilleure gestion et aussi par une meilleure connaissance scientifique des
milieux marins. Les gouvernements des différentes nations maritimes doivent s’engager à ce que les milieux marins soient activement protégés par l’amendement des lois et des traités
internationaux existants. À l’avenir, il faudra équiper des flottes veillant à faire respecter ces législations et à imposer des pénalités dans les eaux nationales mais aussi internationales.
Entre 6,8 et 27 millions de tonnes de poisson peuvent être rejetées chaque année à la mer, il s’agit d’espèces non ciblées et d’autres recherchées mais qui n'ont pas la taille minimale requise
pour être gardées à bord. Le gaspillage est énorme. Les pratiques de pêches tuent 300 000 dauphins, baleines et phoques, comme la pêche à la palangre qui tue 100 000 albatros, chaque année. Les
gouvernements ne mettront pas un terme à ces pratiques sans l’action des écologistes, des partis Verts et du public qui soutiendra ces groupes et leur détermination commune de protéger les
écosystèmes marins pour les générations futures. D’ailleurs, le film Shark water a
popularisé le sort des 100 000 millions de requins qui sont exterminés pour que quelques Chinois se payent le luxe d’une soupe d’ailerons! Un moratoire sur la pêche au requin et des zones de
protection doivent être décrétés et une campagne d’éducation doit sensibiliser les consommateurs chinois. Mangeons moins de poissons.
-- L’aquaculture n’est pas une solution --
Quelque part au Chili, dans l'archipel de Chiloé, une ville se meure touchée par la fermeture de
nombreuses fermes aquacoles. Ici, c’est l’élevage intensif du saumon qui a provoqué la faillite de toute une communauté. Deuxième producteur mondial de saumon, le Chili est touché par une
épidémie du virus AIS (anémie infectieuse du saumon), qui est apparue en juillet 2007. Cette infection a fait des ravages dans les fermes où les poissons sont tués pour enrayer l’épidémie. Au
total, le nombre de chômeurs va atteindre 40 000, vers la fin 2009. Voici un exemple du danger de miser sur un mode d’élevage intensif, qui fragilise l’environnement et l’économie au non d’un
capitalisme où seule la maximisation des profits compte. Il n’est pas surprenant de constater que 40 % de ces fermes sont entre les mains des multinationales. « L'aquaculture est une industrie
très polluante car elle utilise beaucoup de produits chimiques et d'antibiotiques, » regrette Juan Carlos Cardenas, directeur du Centre pour le développement durable (Ecoceanos). De plus, une
telle concentration de saumons produit des déchets organiques qui perturbent les écosystèmes et constitue une source de développement des maladies infectieuses (virus, bactéries). Alors qu’il
faut soutenir les pratiques piscicoles écologiques sur des échelles de surface limitée, aux profits des populations locales, il faudra aussi abolir les productions piscicoles intensives qui ne
peuvent se substituer à des politiques visant la remise en condition des espèces sauvages. Il faudra dans un premier temps un moratoire sur les nouveaux élevages de saumon. En
Colombie-Britannique, la majorité des saumons d’élevage sont des saumons de l’Atlantique, qui ne sont pas une espèce commune de ces régions. Ces élevages sont la source de manières organiques qui
diminuent la biodiversité autour des fermes, répandent des maladies aux autres saumons sauvages, sans compter qu’il faille entre 2,5 à 5 kg de poissons sauvages pour produire 1kg de saumon
d’élevage. Mangeons moins de saumons d’élevage (je n’en mange pas), car ils contiennent aussi des BPC (diphényles polychlorés) produits chimiques issus des traitements industriels.
évolution croissante des prises de poissons passant de 20 à 100 tonnes en 50 ans
« Homme libre toujours tu chériras la mer,» disait Baudelaire. Les mers et les océans sont une richesse infinie qu’il est encore temps d’aimer, d’étudier et de
protéger par des mesures courageuses. L’industrie de la pêche connaît une crise provoquée par une gestion administrative catastrophique des ressources marines, une course au profit dénuée
de conscience, pour répondre aux demandes de la logique du marché, mais à laquelle il y a des réponses. De puissantes flottes de pêches chaque jour, à chaque heure, saccagent les fonds marins
tuant des millions de vies marines. Les travailleurs des mers sur les bateaux-usines ont des conditions de travail difficiles et dangereuses, les communautés humaines qui dépendent des
ressources, pour assurer leur subsistance, voient les ressources de poissons se tarir, alors que se développent des techniques de pêche meurtrières au large même de leurs côtes. Il n’est plus
possible de fermer les yeux sur le sort des baleines tuées par l’industrie des pêches japonaises, il n’est plus possible d’ignorer le sort infâme réservé aux requins, découper vivants et rejetés
à la mer, comme de vulgaires déchets. Les gouvernements doivent faire appliquer des législations permettant de diminuer les sources de pollution dans les terres et en mer. Il faut reconstituer
les ressources halieutiques par le biais de moratoires, de zones de non-pêches commerciales, il est essentiel de faire participer les pêcheurs, les écologistes et les scientifiques ainsi que les
communautés maritimes aux décisions en matière d’exploitation écologique des ressources marines. Je déteste l’appellation «durable» qui est souvent employée par les environnementalistes et qui
selon moi ne veut rien dire. Durable pour qui et pour combien de temps? Est-ce donner un nom différent pour qualifier, en fin de compte, les mêmes pratiques ? Il faudrait parler plutôt
d’économie écologique. « La mer ne peut plus rester une zone où l’on se sert sans
compter», résume François Chartier, de Greenpeace France.
Carcasse d'oiseau montrant les matières plastiques
ingérées
Rappelons que la France à demander l’inscription du thon rouge à la Convention sur le commerce
international des espèces menacées d’extinction (CITES). D’ici à 2012, les aires maritimes protégées devront représenter 10 % de l’espace maritime français (contre 0,59 % aujourd’hui) et seront
de 20 % en 2020. Il reste encore beaucoup à faire, et il est donc nécessaire que la pression des écologistes et des partis Verts, les forces vives du changement, redoublent d’effort, au niveau
des collectivités locales, mais aussi au niveau national et international. Les pays maritimes doivent former un Pacte maritime
permettant à chacune de leur nation respective, d’allouer des fonds afin d’assurer une surveillance des eaux internationales et de veiller au respect
des lois internationales et des traités concernant les méthodes acceptables de pêches. Chaque nation au sein de ce Pacte
maritime aura le droit de faire pénaliser les flottes de pêches criminelles par leur pays respectif. Il est inconcevable que des
organisations non-gouvernementales se chargent de faire la police dans des eaux et des sanctuaires internationaux, comme le fait la courageuse Sea Sheperd Society, quand elle traque les baleiniers japonais en Antarctique. Ce ne devrait,
malheureusement, pas être le rôle des ONG de supplier au manque de responsabilité des états.