Samedi 10 mars 6 10 /03 /Mars 20:51

     fillon.jpg  La semaine a été l'occasion pour les Français de découvrir l'échelle de distribution de la viande HALAL dans les boucheries conventionnelles. Les responsables politiques et les fonctionnaires concernés par ces affaires ont largement caché aux Français que 51 % de la viande commercialée provient de l'abattage rituel, c'est-à-dire qu'un animal s'est fait trancher la gorge en pleine conscience. Les autorités des cultes et les autorités juives, puisque cela les concernent également, avec la Shehita, ont résisté de tout leur poids à l'abolition voire aux réformes de leurs pratiques d'abattage ancestrales, pour reprendre le bon mot du Premier ministre François Fillon qui déclara sur Europe 1 qu'il s'agissait de pratiques «d'un autre temps.» Aussitôt dit, le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) saute sur l'occasion et dans un réflexe de paranoïa classique, qu'on leur connaît bien, accuse le ministre de déclarations «stupéfiantes.» Imprescriptibles! Vocifèrent-ils, pratiques intouchables! Remettre en cause nos rites, c'est une atteinte à nos libertés religieuses. Nos consciences souffrent, pleurent-ils... Et si, comme moi, vous insistez sur la question et demandez au moins l'étiquetage de l'origine des viandes, ce qui serait la moindre des choses pour conserver un peu de transparence dans nos achats, et bien savez vous ce que nous disent-ils ces grands saints? Vous êtes stigmatisants, disent-ils. C'est le mot à la mode pour mettre fin à vos protestations, à votre sentiment. En gros, on essaie de vous faire passer pour un antisémite, voilà toute leur stratégie elle n'est pas plus subtile que cela. Vous n'aimez pas les rites d'abattage juif ou musulman, que vous trouvez anachroniques, cruels, et de plus souvent bâclés dans des abattoirs industriels aux cadences de fonctionnement inhumain, nous sommes au 21ième siècle, et vous le faîtes savoir, et bien vous êtes un antisémite ou un raciste et cela sans vous ne le saviez même pas!

Le fond de l'affaire, c'est 1) les cruautés envers les animaux de boucherie qui se généralisent pour des raisons économiques et parce que des talmudistes freinent toute réforme en la matière. Le culte musulman en France lui semble plus mesuré et disposé à recourir au moins à l'étiquetage et font preuve de meilleure foi, sans mauvais jeu de mot. Et 2) on a caché aux Français, alors que les ministères savaient, l'ampleur du problème. Il faut savoir, par exemple que 100 % de la viande abattue en Ile-de-France l'est selon les traditions musulmane et juive. Hallucinant, n'est-ce pas pour un laïc comme moi, qui veut défendre des valeurs simples comme la laïcité, mais aussi le bien-être animal? Pour couper les coûts, les abattoirs se sont donc tournés vers des pratiques rituelles d'abattage puisqu'une dérogation dans la loi leur permet et ils peuvent écouler le reste de la viande dans les circuits de distribution traditionnelle. Selon  l'Oeuvre d'Assistance aux Bêtes d'Abattoirs (OABA) et le président du Syndicat des Vétérinaires de la Région Paris Ile-de-France «Les images de ces pauvres bêtes étouffant et souffrant pour rien ne peuvent que révolter un homme en général et un vétérinaire en particulier, habitué qu'il est à diminuer la douleur de ses patients grâce aux anesthésiques et antalgiques.»  À savoir que des écoles ne servent plus que du Halal, comme près de chez moi, dans une section de Montréal-Nord et les parents n'en savaient rien évidemment.

J'ai eu un accrochage avec un journaliste de L'EXPRESS.FR. Vous savez à quel point je respecte les vrais journalistes et bien mon commentaire faisait suite à un article dans leur site, Abattoirs, corrida, chasse à courre: Halal, olé, hallali... ho la la! un terrible article traitant avec dérision les causes défendues par les associations de protections animales. Je cite dans ce texte: «Comment peut-on, de bonne foi (sans jeu de mot!) s'égosiller sur l'abattage ritualisé selon des préceptes religieux, l'Islam forcément, le faire au nom de l'abolition de la barbarie imposée au règne animal, le faire surtout au nom de la laïcité et passer sous silence d'autres façons bien plus cruelles encore de faire passer ad patres le bovin, le caprin et alii (avec deux "i".) selon nos rituels bien de chez nous - et pas si laïques que cela d'ailleurs? » Comme s'il n'y avait pas d'associations de défense des animaux qui œuvrent, depuis longtemps, contre la corrida, et la chasse à courre dans notre beau pays. Il faudrait leur dire une fois pour toute à ces journalistes parisiens. Un article de très mauvaise foi pour noyer le poisson comme on dit vulgairement, pour renvoyer à d'autres groupes et individus tous aussi peu charmants, et sans compassion autant les uns que les autres. Donc mon commentaire, le voici ci-dessous et je ne mâche pas mes mots contre les cultes et l'industrie, au risque de « stigmatiser ». Il faut le rappeler pour les consciences fragiles qui seraient heurtées par mes propos, mais que le râle de mort d'une vache dont on vient d'arracher la trachée, qui s’étouffe dans son sang, et qui va mourir en quelques minutes parfois, après l'avoir guillotiné, laisse complètement indifférents.  À ce prix là, payé par les bêtes, je peux prendre quelques insultes des groupes religieux.

Ma réponse : « Une pratique tel un rite d’abattage ne constitue pas un droit; si la commission européenne s'est mise à genoux devant les autorités juives et musulmanes, pour protéger les rites d’abattage, des pays ont décidé selon leur propre législation, d'abolir l'abattage rituel sans étourdissement préalable, tels la Suisse, l’Islande, la Norvège et la Suède ; je trouve que cela est très bien. Il s'agit d'une question majeure que les religieux veulent balayer sous le tapis et faire oublier, on comprend pourquoi. Ne pas être associés à la cruauté animale; ne pas se voir juger de rétrogrades, d’archaïques, de dogmatiques, fermées au progrès. Comment peut-on supporter de se voir imposer leurs traditions (on parle bien des abattages rituels) sans réagir, et se voir traiter de racistes pour avoir exercer seulement ses droits et sa liberté d’expression de simple Français non-croyant qui veut vivre à l’abri de la bêtise et du fanatisme des religieux. Les religions sont le choix de chacun, mais ne pas vouloir et exercer des pression pour ne pas étiqueter l’origine des viandes afin de ne pas « blesser » les juifs et les musulmans, victimes bien entendu de racisme, c’est une horreur absolue car nous vivons dans un pays qui se veut laïc, qui se doit de respecter les normes européennes sur le bien-être animal et qui malheureusement se met à genoux ainsi devant les autorités religieuses, et j’ai honte. Pauvre France prise en otage par les égorgeurs ! Non ce débat n’est pas clos, les Français ne sont pas des moutons. C’est très bien de parler du Halal surtout quand une étude révèle que 51 % de la viande serait Halal et qu’on cache les faits? Les éditorialistes et les politiques comme Hollande, Juppé, et la liste est longue, ne veulent pas parler du sujet ; le tabou de la souffrance animale les met mal à l’aise. 

La liberté d'exercice des cultes ne doit pas justifier la cruauté envers les animaux. La question reviendra sur le tapis avec les associations de défense des animaux. On parle beaucoup de stigmatisation et de troubles de la conscience pour les pratiquants des cultes, a-t-on parlé une seconde du droit des consommateurs, des non-pratiquants; ceux-là ne comptent pas car ils ne s'organisent pas en lobbies puissants qui contrôlent les décisions politiques au sommet de l’État. Donc, cela prouve bien l'irrespect total envers les citoyens de seconde catégorie que nous sommes si nous ne sommes pas issus d’organisations juives ou musulmanes et militantes pour des privilèges religieux et communautaristes, ou si nous n'appartenons pas à la filière viande car la question «pose des enjeux économiques » et présente des « risques de stigmatisation » comme le dit Bruno Le Maire qui se voit forcé d'agir à cause de la dite polémique; ce n'est pas une polémique pourtant, c'est un sujet grave concernant nos valeurs républicaines. Cette minimisation de la souffrance animale dans les débats, prouve la puissance des minorités religieuses et de l’influence industrielle pour imposer à la majorité silencieuse des Français des rites d’abattages ancestraux, rétrogrades, archaïques et simplement cruels. »

Fin de mon commentaire. C’est tout et ce petit mouvement d’humeur qui reprend des faits précis et justes, documentés depuis des années par les associations de défense des animaux, et qui pointe du doigt les responsables de cette situation, se voit taxer d’insulte aux valeurs, de tolérance, de respect de l'autre, de curiosité de l’Express.fr ou du moins de son rédacteur, Eric Mettout qui me reproche, je cite, mes amalgames, mes approximations et mes sous-entendus...

Au final, je lui réponds: «Vous croyez que les associations ne condamnent pas le gavage, les conditions d'élevage des porcs, et les poulets de batterie et la corrida ne font pas polémique en France? Votre sermon sur la tolérance, le respect de l'autre, de curiosité, c'est de la foutaise. Il vous faudrait passer le premier test qui consiste à avoir un peu de compassion et condamner des traitements inexcusables envers des animaux avant de vous parer des meilleures vertus. Au lieu de cela, vous nous parler de corrida, de poulets et de porcs pour excuser, relativiser des rites religieux cruels sans fondement scientifique. Votre argumentation est pitoyable, ce n'est pas digne d'un grand journaliste. On ne peut pas contribuer à empirer les conditions de vie des animaux par ses actions et ses paroles et en plus, jouer les humanistes. Un peu de cohérence.»  Qu'aurait-il pu dire Eric Mettout pour conclure? Que je suis stigmatisant... Notre misère commune, pour beaucoup d'entres-nous, est de vivre des temps lamentables, d'avoir trop de politiciens pleutres et impuissants trop de journalistes vendus à des communautés revendicatrices et agressives, qui tous mettent en péril la justice, le droit, la laïcité, la démocratie, la liberté et le bonheur de vivre et de voir vivre. On l’a vu plus haut, cette classe de journalistes, de faux-penseurs, n’hésitant pas à protéger des pratiques et des institutions, des particularismes, qui heurtent les sensibilités d’un grand nombre de Français et de Françaises, qui, piégés par des élites qui ne les représentent plus, ne reconnaissent plus la France.  

 

A lire: 

http://www.notre-planete.info/actualites/actu_2508_abattage_Halal_Casher_souffrance_animale.php#bouton

 

http://www.lexpress.fr/actualite/politique/abattoirs-corrida-chasse-a-courre-halal-ole-hallali-ho-la-la_1091094.html

 

http://www.20minutes.fr/presidentielle/891763-halal-casher-fillon-critique-traditions-ancestrales-rituels-abattage

Par David Ruffieux - Publié dans : Société - Communauté : Défense Des Animaux
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Mardi 1 juin 2 01 /06 /Juin 19:52

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L214 Ethique et Animaux Aux USA, l'association Mercy for animals ont filmé en caméra cachée la cruauté de certains fermiers sur les vaches laitières et leurs jeunes veaux. Des images absolument terribles, tant par l'intensité de la souffrance et la terreur manifeste des animaux que par la cruauté revendiquée des hommes. Attention images insoutenables!

La police empêche les activistes de se rendre sur les lieux prétextant la sécurité; les employés ont déjà reçu des menaces de mort. Les images prouvent encore une fois, que la cruauté sur les animaux de fermes n'est pas un phénomène isolé, mais un modèle de production systématique. C'est une chance que ces images peuvent être tournées, mais tout autant dommage pour ces animaux laissés entre les mains de sadiques et de psychopathes. Ayons le courage de regarder et vous comprendrez mieux pourquoi des gens se battent contre ces industries et ce pouvoir politique corrompu qui les protège. Si les autorités américaines ne mettent pas en action la justice rapidement et laissent libres ces ordures humaines, ce sera la preuve qu'il n'y a rien à attendre de cette justice, et que les citoyens devront prendre les choses en main. Maintenant demandez-moi pourquoi je suis un végétarien en révolte? 

Le propriétaire de la ferme, M. Conklin aura l'audace de dire ceci: "Notre famille prend soin des animaux et nous prenons cela avec sérieux. Cette vidéo montre que le soin apporté aux animaux est incompatible avec nos standards de bien-être animal que nous supervisons. Ces mauvais traitements sont inacceptables" Vous devinez la suite...Le gars lui-même donnait des coups de pieds à une vache!  

A défaut de justice pour les animaux, nous avons tous le pouvoir d'arrêter ces cruautés partout où elles se passent dans le monde en adoptant un régime végétarien ou végétalien. Les veaux sont un sous-produit de l'activité laitière, ils finissent à l'abattoir. C'est bien triste. 

ATTENTION: 
Ohio Dairy Farm Investigation | Mercy For Animals
http://www.mercyforanimals.org

 

 

 


Par David Ruffieux - Publié dans : Société - Communauté : Défense Des Animaux
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Lundi 31 mai 1 31 /05 /Mai 04:26

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Ce soir, j’ai perdu un ami, mon frère à quatre pattes. Ce soir, pour un moment le monde s’est arrêté à la triste nouvelle d’un ami disparu, par une belle journée de fin de mai au refuge de Nicole. Copain était entouré d’autres animaux, de chats, de canards et de poules, des rescapés comme lui de la rue, des fourrières ou des fermes. Le vétérinaire est venu. Mon vieux chien n’était pas seul à ce moment et sans douleur il a fermé les yeux, pour une dernière fois. C’est ainsi que je l’imagine heureux jusqu’au bout. Copain est un survivant qui aura vu tant de pays et d’aventures. Pendant 15 ans, nos vies ont été inséparables, mais ces derniers jours, sa vie chancelait, il me quittait peu à peu et moi je ne pouvais rien faire, si impuissant devant cette inexorable nécessité de la Nature qui nous emporte tous un jour. Il le faut bien. Je jure que cette soirée a été la plus difficile depuis longtemps. J’étais bien incapable de retenir mes émotions, et j’ai pleuré comme un gamin. Malgré moi, une grande peine m’a pris au ventre, par surprise. Sans vraiment le vouloir, tous les souvenirs de mon Copain reviennent en cascade, comme un film dont je ne peux arrêter les images qui défilent. Le chien est, dit-on, le meilleur ami de l’homme, mais lui était mon meilleur ami. 


L’histoire de Copain commence vraiment dans un refuge de la SPA à Besançon, dirigé à l’époque par Mme Rouge, dont je garde un souvenir inoubliable. Je vois encore toute l’énergie d’un petit bout de femme blonde au service des animaux rejetés et trahis par nous, les humains. Mme Rouge avait du cœur pour tous, elles connaissait tous ses pensionnaires par leur nom. « Eh là du calme! » qu’elle criait alors qu’elle rentrait dans l’enclos, chahutée par cette foule à quatre pattes, honorée par des aboiements de bienvenue. Copain lui courrait et gambadait autour d’une cage plus loin, qui le séparait d’autres chiens. Il était beau ce croisé Setter irlandais, avec de longs poils auburn et des reflets roux, une tâche blanche sur le poitrail et un autre, petite, sur le haut de la truffe. Il faisait la cavalcade comme les chevaux bien dressés qui marchent au pas. Un sacré beau chien, avec un air aristocrate, me dis-je. C’est lui que je viens chercher. L’idée m’était venue d’adopter un animal de compagnie pour moi et ma mère qui sortait d’un divorce avec mon père. Elle est moi, nous étions seuls maintenant. Vu ma passion des bêtes, j’imaginais qu’un chien pouvait nous donner un peu de bien-être et de joie à tous, et hors de question d’aller acheter un animal chez le marchand ! Copain avait trois ans ; il avait la fâcheuse tendance de fuguer et son ancien maître lui tapait dessus. D’ailleurs, de ces premières années, il aura gardé une bosse caractéristique d’un coup de bâton sur le crâne. Copain n’avait plus rien à craindre avec moi, il était entre de bonnes mains, me rassurais-je, et avec l’air confiant, notre nouvel ami sauta dans la voiture. Son carnet de vaccination indiquait sa date de naissance, un certain octobre 1991. À la vue de Copain, ma mère ne savait pas si elle devait être contente ou me renvoyer là d’où nous venions. Mais ma mère ne put résister longtemps à ces gros yeux humides et déjà Copain faisait l’inspection des lieux. 


Les années passèrent et Copain m’a suivi depuis toutes ces années depuis l’armée à Brest, jusqu’à mon départ pour le Canada, pour y suivre mes études, en passant par Montréal. Copain a vu du pays, a couru dans presque toutes les prairies, rattraper tous les chevreuils dans à peu près toutes les forêts, ses pattes se sont enfoncées dans les neiges de nombreux hivers. Mon chien avait quelque nonchalance envers les autres chiens, qui lui donnait un air de noblesse. Je me souviens de cette journée passée à faire du ski dans le massif de Jura, avec le sac-à-dos et Copain à mes trousses; on voyait à travers les branches de la forêt le massif des Alpes, en face, au-delà de la vallée qui sépare les deux chaînes de montagne. Ce fut une magnifique et mémorable journée. Au retour, Copain dormait en boule sur le siège de la voiture, épuisé mais je crois heureux d’avoir exploré tant d’espaces sauvages de sa truffe froide et humide. A chaque rappel de vaccin, mon vétérinaire me disait que si tous les chiens étaient comme Copain, c'eût été la faillite de sa profession ! C’était un gage de bonne santé qui allait emmener tranquillement Copain vers ses 18 ans.  Déjà, les premiers signes de la vieillesse apparaissaient, ces signes qui ne trompent pas. Son intérêt pour le jeu diminuait, les coups de chaleurs devenaient plus intolérables, mon compagnon bougeait moins mais il observait tout de notre vie de famille bien animée. 

 

Copain rentrait dans le quatrième âge, quand les choses ralentissent et que le pas se fait plus lent ; mais toujours il avait cet air de sage et Copain, dans son regard de vieux, essayait de me dire : « tu vois, je suis encore là et je regarde les premiers pas de ta fille, Sianna. » Il m’arrivait chaque semaine, malgré notre train de vie démesuré, de m’accroupir près de lui et de le caresser de longues minutes dans la semi-obscurité du soir. J’entendais les battements de son faible cœur sur la paume de ma main, et sa tête se tournait alors vers moi avant de retomber sans cérémonial, contre le parquet de notre salle à manger. Je repassais alors les années de vie commune, en silence, et quelle chance de t’avoir eu pour ami tout ce temps ! Sous le poil, il y avait encore de la vie, mais quelquefois, je pensais à cette heure terrible des adieux, cette idée me fichait un sale cafard. Cependant, je le sentais bien vivant sous mes doigts. Dans ces moments d'intimité, jamais je n'ai respecté autant la vie fragile d'une bête. Francis James a su sublimer dans le lyrisme des mots les rapports d’amour entre les créatures animales et l’homme, si bien que je ne peux résister de reprendre, à mon compte, ces quelques vers qui résonnent profondément chez ceux et celles qui voient la fin de nos compagnons de route approcher :


 Je suis Francis James et je vais au Paradis,

car il n'y a pas d'enfer au pays du Bon Dieu.

Je leur dirai : Venez, doux amis du ciel bleu,

pauvres bêtes chéries qui, d'un brusque mouvement d'oreilles

chassez les mouches plates, les coups et les abeilles...

Que je vous apparaisse au milieu de ces bêtes

que j'aime tant parce qu'elles baissent la tête

doucement, et s'arrêtent en joignant leurs petits pieds

d'une façon bien douce et qui vous fait pitié…

Faites que dans la paix, des anges nous conduisent

vers des ruisseaux touffus où tremblent des cerises

lisses comme la chair qui rit des jeunes filles,

et faites que, penché dans ce séjour des âmes,

sur vos divines eaux, je sois pareil aux ânes

qui mireront leur humble et douce pauvreté

à la limpidité de l'amour éternel.


Le vétérinaire est venu rapidement au refuge, où je l'avais laissé pour un temps, à cause de mon départ prochain à l’étranger sous des climats que Copain n’aurait pas supporté étant donné sa faiblesse. Je n'ai pas eu le temps de revenir le voir. Je l'ai su au téléphone de la voix triste de Nicole; il avait un problème de rein, il saignait du pénis qui avait enflé. D'après le vétérinaire, ce n'était pas bon signe. La chirurgie pour un chien de son âge était hors de question; il avait du mal à marcher parfois, il montait et déscendait les marches péniblement. Il était de plus en plus coupé du monde extérieur à cause de sa cécité et par le fait que son audition était faible, ce qui fait qu'il a fallu se résoudre à le laisser partir aujourd'hui dans le calme d'un jardin en fleurs, sans douleur, et accompagné du chant des pinsons et des merles. Cela fait bien longtemps que je n'ai pas été aussi malheureux. Mais, comme on dit dans ces cas là, et pour se remonter un peu le moral, c'est la vie. Adieu mon ami. 

 

Le 20 mai 2010, Montréal.  

Par David Ruffieux - Publié dans : Société - Communauté : Défense Des Animaux
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Mercredi 26 mai 3 26 /05 /Mai 23:39

 

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Dans un journal français, j'ai pu lire un entretien dans Libération entre la journaliste Annabelle Nicoud et l'industrie de la chasse. «La viande et les huiles sont une part croissante de l'industrie. C'est quelque chose que l'on encourage», dit Alain Belle-Isle, le porte-parole du ministère canadien des Pêches et des Océans. «On veut développer de nouveaux produits et de nouveaux marchés. C'est notre façon d'appuyer l'industrie», dit-on au ministère. «Avec les promesses de la Chine, le ciel est la seule limite», croit Alain Belle-Isle. Alors vive la Chine ! Monsieur Belle-Isle a le droit de rêver. «Tous ceux qui y ont goûté en redemandent», s'enthousiasme Denis Longuépée, président de l'association des chasseurs de phoque des Iles-de-la-Madeleine. Pourtant d'après le sénateur libéral Mac Harb, il explique que s'il y avait un marché pour la viande de phoque, ce serait connu depuis des siècles. « Cette viande n'est pas mangeable. Aucun pays n'autoriserait son importation» dit-il. Il semble que la propagande du ministère canadien des Pêches et des Océans reprend de plus belle. Mais revenons un peu en arrière.

Des peaux de phoques contre des peaux de chiens

Est-ce que le marché chinois est si juteux que le gouvernement fédéral hésiterait à interdire l'importation des fourrures de chats et de chiens en provenance de la Chine ? Et bien dans un but de ne pas nuire aux bonnes relations commerciales entre la Chine et le Canada, un mémo interne a montré que des fonctionnaires firent pression sur le Ministre de l'agriculture Gerry Ritz pour ne pas suivre l'exemple des Etats-Unis et de l'Europe, d'interdire l'importation des fourrures de chats et de chiens. Les amoureux des toutous et des minous devraient apprécier ce geste. Nous sommes arrivés dans les bas-fonds de la politique et dans ce qui se fait de plus cynique et de pire dans les couloirs des ministères. Le coût de cette chasse, mise à part sa cruauté, pour les contribuables défie tout entendement. L'acharnement des gouvernements et des parlementaires, de certains responsables politiques à faire perdurer cette chasse est devenu une affaire d'Etat, un principe, ou l'expression d'un égo national, mais d'abord et toujours une question d'argent.

Pour alimenter la bataille contre ceux qui veulent voir cette chasse disparaître, le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation a investit 265 000 dollars dans l'industrie de la chasse au phoque.

Le gouvernement du Nunavit a accordé un financement de 2,5 millions de dollars pour le développement économique dans les pêcheries, les arts, la chasse au phoque. 

Ottawa dépense entre 50 000 et 100 000 dollars pour surveiller ce qui ce raconte sur Internet au sujet de la chasse.

Une aide financière de 15 000 dollars est accordée à l'association des chasseurs de phoques des Iles-de-la-Madeleine.

Les gouvernements fédéral et territorial investissent 1,5 million de dollars pour améliorer les connaissances et renforcer les capacités de l'industrie de la pêche au Nunavit.

Terre-Neuve investit 593 000 dollars dans l'amélioration du Harbour Living Heritage Village pour y aménager un nouveau centre d'interprétation de la chasse au phoque.

Un appui financier de 800 000 dollars va à l'entreprise Tamasu, pour extraire l'huile de phoque, on remercie au passage le gouvernement du Québec pour ce geste si généreux. J'oubliai les 80 000 dollars de subventions données à cette entreprise pour développer des recherches sur les valves de cœur de phoques.

Ainsi, va la vie au pays des orignaux et des castors

Difficile de comprendre un tel « engouement », assez tardif, pour la viande de phoque, même si certains députés et futurs candidats aux élections ont fait la grimace devant les photographes en avalant quelques bouchées de cette viande apparemment immangeable et contenant des métaux lourds. La folie meurtrière qui s'empare d'une des régions les plus belles au monde, la banquise, est bien loin des salons feutrés d'Ottawa. C'est 300 000 phoques immatures, incapables de fuir, qui, d'après les quotas, doivent être tués en 12 semaines, dans des conditions météorologiques souvent difficiles. Le but est donc de tuer le maximum de phoques en un minimum de temps. Qui pousserait l'audace de dire que cette chasse est humaine et sans cruauté ? Le ministère de Pêches et des Océans, bien entendu, ne renonce jamais au ridicule de démontrer aux Européens que 3 hélicoptères, 23 observateurs peuvent surveiller 1800 bateaux de pêches, et un territoire grand comme l'Angleterre. Ces fonctionnaires ne rougissent pas de honte pour nous expliquer que 99% des phoques sont tués sans aucun contrôle, puisque sur les 1% des phoques observés, 45% des délits rapportés concernent des cas de cruauté.

Au nom des emplois, de l'économie, des marchés, tuons des phoques, tuons toujours et encore, avec l'aide de l'argent public, sans lequel, cette chasse serait déjà une chose du passé. Après tout on donne bien des millions à l'industrie porcine, aux éleveurs de bovins, si on soutient ces économies, pourquoi ne pas également soutenir la chasse au phoque ? Personnellement, étant végétarien, je m'oppose à ces industries d'exploitation et d'harcèlement des animaux. J'ai la conviction, au train où vont les abus en tout genre liés à notre économie capitaliste, et à cette course au profit maximum, qu'aucune de ces industries ne sera jamais ni assez honnête, ni éthique, ou digne pour avoir des animaux à sa charge.

D'un point de vue moral, les animaux ont un droit naturel de vivre

Les animaux, comme nous tous, jouissent des attributs que la Nature leur a donnés. Pour que ces animaux puissent vivre à l'abri des nombreux abus dont ils sont quotidiennement victimes chaque jour, dans les fermes, les abattoirs et les laboratoires, il faut des lois et un système de justice qui leur accordent un certain nombre de protections. Chaque jour, la science qui a torturé tant d'animaux, nous apporte les preuves d'une vie riche, sensible et intelligente, bien plus complexe qu'on peut l'imaginer. Cependant, bon nombre d'entre-nous refusent de voir cette évidence, car l'ignorance est confortable et notre société pressée, en quête de bonheur instantané n'encourage ni l'esprit critique ni compassion.

Le fossé moral entre eux, les animaux, et nous, les humains, doit être comblé car le respect de l'homme par l'homme, si déficient en ce début de 21 ième siècle, passe avant tout par le respect et le regard que nous portons envers les créatures les plus vulnérables. Chaque jour, il nous est permis de faire un choix entre un mode de consommation violent et des comportements pacifiques. Chaque jour, nous avons le choix de faire la guerre au monde sensible, à la beauté et à la fragilité du vivant, ou nous pouvons faire la paix avec les autres espèces animales et végétales de notre planète. Nous avons le choix d'une alimentation saine, de pratiques agricoles respectueuses de l'environnement. En fait, le progrès de l'humanité est en jeu ici et l'économie capitaliste a montré, en ces temps de crises multiples, son incapacité à être sous contrôle ou à se réguler elle-même, bref à œuvrer pour le bien général. Évidemment, si rien n'est fait, comme à présent, pour subordonner l'économie aux besoins des individus et des sociétés, on peut craindre de graves bouleversements dans un futur proche, et les plus vulnérables seront ceux qui souffriront le plus et les premiers.

Le Canada mérite le bonnet d'âne

Dernièrement le rapport du Fond international pour le bien-être animal (IFAW)  intitulé  Le Canada à la traîne: Etude comparative de lois nationales sur la cruauté envers les animaux,  dans lequel on compare la législation du Canada à celle de 13 autres pays du monde, a révélé plusieurs faits notables : Le Canada est le seul pays à n'offrir pratiquement aucune protection pour les animaux sauvages et les animaux errants. La chasse au phoque est un exemple de pratique cruelle et d'ailleurs peu supervisée, comme on l'a vu, même si l'industrie de la chasse dit le contraire. La législation canadienne ne comporte pas de définition claire du terme animal alors que les autres pays sont plus explicites. Dernièrement, un chasseur a recueilli un ourson perdu, mais puisque celui-ci se débattait et « n'écoutait » pas le brave chasseur, ce dernier l'a frappé, puis l'a noyé et pour s'assurer la victoire, il lui a roulé dessus avec sa moto à quatre roues. Moi, je veux ces criminels derrière des barreaux. Mais les animaux au Canada, au sens de la loi, sont de simples objets, au même titre qu'une table, un crayon. Le Canada est le seul pays qui n'offre aucune protection aux animaux entraînés pour le combat. D'ailleurs, le joueur de la NFL Michael Vick a été trouvé coupable d'accusation reliés à des combats de chiens. Au Canada, Michael Vick n'aurait pas pu être condamné parce que ce n'est pas un délit d'entraîner des animaux pour se battre entre eux. Mais c'est un délit d'encourager et/ou d'aider ou d'assister à un combat de chiens. Au Canada, il faut prendre en flagrant délit les organisateurs de combats de chiens pour pouvoir les accuser formellement.

Selon le rapport de IFAW, le Canada est le seul pays qui rend la poursuite de cas de négligence pratiquement impossible car il faut prouver « l'intention » de commettre un crime. Les cas de cruauté se multiplient et la loi reste inefficace pour protéger autant les animaux domestiques que les animaux de ferme. Il aura fallu plus de 100 ans à ces honorables députés du Parlement canadien, pour amender une loi, qui reste tout aussi inefficace. Le Canada est devenu un enfer pour des animaux torturés, mutilés, battus par des criminels (dont certains ont déjà commis des crimes contre des humains) qui sortent des tribunaux, en règle générale, libres. On connaît mieux le sort des dizaines de milliers de phoques qui sont tabassés à coups de bâtons pour ne pas endommager la fourrure (qui ne vaut d'ailleurs presque rien), et maintenant les représentants de cette industrie, propagande oblige, veulent promouvoir sa viande. La Fédération canadienne des sociétés humaines a remis un rapport tout dernièrement sur la maltraitance des chevaux de boucherie (http://cfhs.ca/). Le Québec, en particulier, est la capitale canadienne de l'industrie porcine, mais aussi des usines à chiots, dans lesquels « pourrissent », au sens propre, de pauvres chiens reproducteurs qu'on force à vivre dans des conditions effroyables. Dans un pays, où l'industrie de la chasse se targue d'une tradition de 400 ans, il n'est donc pas surprenant de se heurter à des groupes de pression qui usent de tout leur poids politique pour empêcher que la loi change. Le Stampede de Calgary est aussi une institution cruelle qui se perpétue au nom d'une certaine tradition « western. » Comment peut-on expliquer l'affluence de touristes chaque été au Stampede de Calgary pour y voir des animaux maltraités par des pseudo-cowboys, voulant prouver leur virilité ? Notons qu'en France, nous ne sommes pas en mesure de donner des leçons car nous sommes parmi les derniers pays d'Europe en matière de bien-être et de justice pour les animaux. Cependant, le Canada nous donne un affligeant spectacle en ce qui concerne le bien-être des animaux.

Quand la loi est immorale, il faut la changer

Pour venir en aide aux animaux, il y a des situations complexes qui demandent différentes stratégies, la violence est une option qui est d'habitude socialement répréhensible, à quelques exceptions près. En effet, les forces de police peuvent utiliser la violence au nom de l'ordre public. L'armée peut agir avec une violence destructrice au nom de la défense nationale. Certains pays ont recours à la peine de mort, ce qui est discutable. Au nom du principe d'autodéfense, nos tribunaux reconnaissent l'utilisation de la violence dans des cadres précis, si une personne craint pour sa vie par exemple. Aujourd'hui, la violence perçue ou réelle contre des institutions qui maltraitent des animaux (fermes, labos) est assimilée à une forme de terrorisme par ces institutions, qui justifient des lois excessivement dures pour ceux et celles, accusés de ce genre d'actes criminels. Ces militants radicaux qui vont jusqu'à vandaliser et brûler des bâtiments, libérer des animaux, ont le sentiment d'agir au nom de la légitime défense, puisque la loi est inefficace pour protéger les animaux vulnérables et qu'elle sert d'abord les intérêts des exploiteurs ; ils agissent au nom des animaux par désespoir. La réaction des industries ciblées par ces militants a été vive et efficace, puisqu'elles ont réussi à faire adopter en Europe et  en Amérique du Nord, des législations anti-terroristes ciblant en particulier cette forme de criminalité, mais de manière très disproportionnée à la gravité des actes commis par les militants pour les droits des animaux. Le message de ces industries à ces groupes de radicaux est clairement indiqué ; « nous avons beaucoup de profits à perdre et si vous gagnez votre cause pour les animaux, nous utiliserons tout l'appareil de l'Etat pour vous détruire et vous vilifier dans l'opinion publique. Nous faisons de vous des terroristes. » La question que devrait se poser le public, avant de condamner, sans réflexion préalable, la violence réelle ou supposée des militants pour le droit des animaux, est comment des gens éduqués, honnêtes, en générale jeunes, se mettent dans une position de perdre leurs droits civiques et d'être emprisonnés pour des actes qui sont activement comparés à du terrorisme. Ce n'est pas le vœu des militants d'agir ainsi, mais la violence et la corruption de nos institutions les y contraints.

Il y a des épisodes récentes de notre histoire, qui nous rappellent que les terroristes d'hier sont devenus les héros d'aujourd'hui. Les résistants de la Seconde guerre mondiale, perçus comme des terroristes par les forces d'occupation, ont reçu beaucoup d' honneurs à la fin de la guerre. La Révolution française et la Révolution américaine, comme beaucoup d'autres mouvements politiques n'ont pas abouti sans violence et quelle violence! Rien de comparable avec des gamins qui ouvrent des cages pour laisser filer des visons, rien de semblable avec des étudiants qui pénètrent dans des labos pour tirer de l'horreur, des chiens, des singes et même des rats ! Que dire des militants qui osent documenter les pratiques obscènes de ces industries avec pour seules armes, des caméras vidéos et la peur au ventre ? Où est le terrorisme ? Le terrorisme et sa violence est bien évidemment ailleurs.

À défaut de pouvoir compter sur un changement rapide des structures de production, des habitudes d'une majorité des consommateurs, et étant donné l'état actuel des lois et des efforts d'intimidation par les pouvoirs en place, une communauté d'individus et de groupes déterminés s'organisent à travers le monde et change notre civilisation.

Informations supplémentaires :

http://www.ifaw.org/Publications/Program_Publications/Regional_National_Efforts/North_America/Canada/asset_upload_file88_51336.pdf

 

Par David Ruffieux - Publié dans : Société - Communauté : Défense Des Animaux
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Samedi 30 janvier 6 30 /01 /Jan 19:39

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"L'éthique, ce n'est pas pour les animaux"
 

Selon la sénatrice Hervieux-Payette, qui milite en faveur de la chasse au phoque au Canada, depuis de nombreuses années, les végétariens sont des extrémistes subversifs, qui agissent sans respecter la loi. Dans son blog, la sénatrice ne cache pas son hostilité envers une catégorie de citoyens et de citoyennes, qui se voient ainsi stigmatisés et diabolisés au risque d’inciter à la haine.  « Les lobbies végétariens sont devenus des extrémistes qui ne respectent pas nos institutions démocratiques et utilisent des manières sauvages pour arriver à leurs fins. Cela jette un profond discrédit sur la cause qu’ils défendent. » Voici donc, en substance, le message qu’un représentant du sénat adresse aux millions de végétariens non seulement au Canada, mais à travers le monde. 

Ceci est grave, d’abord parce qu’une sénatrice s’exprime de manière indigne envers des Canadiens et des Canadiennes. Ensuite, ces allégations sont diffamatoires et heurtent les sensibilités des nombreux individus, qui pour de multiples raisons ont adoptés un mode de vie non violent, par respect envers le bien-être des animaux, dans un souci de protection de l’environnement, ou pour encourager des pratiques agricoles écologiques; d’autres personnes sont devenues végétariennes pour des raisons médicales, ou par conviction religieuse. C’est l’ensemble des végétariens qui, aujourd’hui, se consternent d’être la cible d’accusations sans fondements, mais délibérées, portées sans retenue par une sénatrice partie en campagne pour redorer le blason d’une industrie de chasse en déclin. Hervieux-Payette n’est pas la seule à salir la réputation des végétariens puisque son conseiller politique au sénat, Maximillien Depontailler, lui fait écho quand il écrit: « les groupes anti-chasse au phoque... présentent un double visage : une face respectable d'un côté et une face beaucoup plus violente de l'autre. Ce second visage est moins connu du grand public et pourtant c'est ce que l'on appelle les éco-terroristes.» La vérité la voici: pour des raisons politiques, il est devenu important pour l’industrie de la chasse et de la pêche, représentés par la sénatrice Hervieux-Payette, mais aussi par la ministre canadienne des pêches—qui vient de subir un entartage, ce lundi 25 janvier, lorsqu'une activiste de PETA s'est approchée et lui a lancé au visage une tarte au tofu—de faire passer les végétariens pour des terroristes dangereux. Il s’agit d’une stratégie qui vise à isoler une classe de citoyens dans l’opinion publique, ce qui est une manoeuvre politicienne exécrable, qui doit être condamnée.  
 
Au contraire, les végétariens doivent être loués pour leurs efforts à vouloir vivre selon des principes de paix, de justice et d’égalité, et non pas insultés. Les groupes de pressions comme PETA, et leurs actions qui peuvent paraître radicales pour certains, ne représentent pas la vaste majorité des végétariens à travers le monde. Ces derniers représentent non pas un groupe de radicaux et d’extrémistes, mais des hommes, des femmes et des enfants adoptant le végétarisme pour de nombreuses raisons, éthiques, religieuses, environnementales, ou médicales. Le comportement de la sénatrice Hervieux-Payette est odieux envers tous ces individus. L’opinion ne doit pas être dupe et la diffamation sera sans effet sur la volonté indéfectible des végétariens du monde d’exprimer et de faire ce qui est juste.    
 

Signataires: 

David Ruffieux, candidat au Parti vert
Sylvie Demers et Chantale R., pour 
www.coeurconscience.com
Majolaine Jolicoeur, auteure, fondatrice d'ahimsa
Sameer Muldeen, président de l'Association végétarienne de Montréal

Pour info: 

Blog de la sénatrice Hervieux Payette
http://www.eurekablogue.ca/?p=946

Article de Maximillien Depontailler
http://www.lepost.fr/article/2010/01/26/1908011_la-ministre-canadienne-des-peches-agressee-par-une-activiste-anti-chasse-au-phoque.html

Par David Ruffieux - Publié dans : Société
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Texte Libre

 

 

Le respect de l'homme par l'homme ne peut pas trouver son fondement dans certaines dignités particulières que l'humanité s'attribuerait en propre, car, alors, une fraction de l'humanité pourra toujours décider qu'elle incarne ces dignités de manière plus éminente que d'autres. Il faudrait plutôt poser au départ une sorte d'humilité principielle : l'homme, commençant par respecter toutes les formes de vie en dehors de la sienne, se mettrait à l'abri du risque de ne pas respecter toutes les formes de vie au sein de l'humanité même.

Claude Lévi-Strauss, Entretien avec Jean-Marie Benoist, « L'idéologie marxiste, communiste et totalitaire n'est qu'une ruse de l'histoire », Le Monde, 21-22 janvier 1979, p. 14.

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